Avec près de 3 millions de trottinettes électriques en circulation et environ 600 000 ventes enregistrées en 2025, ces engins s’imposent bien au-delà des centres-villes. Les modèles tout terrain, plus puissants et conçus pour les chemins et les terrains accidentés, séduisent un public de plus en plus large. Mais ils soulèvent aussi des questions pratiques que beaucoup négligent au moment de l’achat.
Tout terrain ne veut pas dire sans règles
Une trottinette électrique tout terrain n’échappe pas au cadre légal applicable aux engins de déplacement personnel motorisés (EDPM). En agglomération, la vitesse maximale reste fixée à 25 km/h, la circulation sur les trottoirs est interdite sauf autorisation municipale, et les feux tricolores s’imposent comme pour n’importe quel usager de la route. Certains modèles puissants, capables de dépasser ces seuils une fois débraqués, peuvent basculer dans une catégorie réglementaire différente, avec des obligations supplémentaires.
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Avant de choisir votre modèle, pensez à anticiper une étape souvent oubliée : souscrire une assurance trottinette électrique adaptée à votre usage, qu’il soit urbain ou hors-route. Les contrats ne couvrent pas tous les mêmes situations : un usage sur sentier privé ou chemin forestier peut être exclu, selon les conditions générales de votre assureur.
La réglementation évolue rapidement. Une proposition de loi déposée le 9 juin 2026 à l’Assemblée nationale (n°2900) prévoit notamment le casque homologué et le gilet rétroréfléchissant obligatoires, ainsi que le brevet de sécurité routière (BSR) pour circuler sur la voie publique. Elle n’est pas encore adoptée, mais plusieurs départements anticipent déjà : les Hauts-de-Seine, les Alpes-Maritimes et la Seine-et-Marne ont imposé casque et gilet par arrêté local en 2026.
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L’assurance : obligatoire, pas optionnelle
Depuis le décret du 25 octobre 2019, toute trottinette électrique doit être couverte par une garantie responsabilité civile, en vertu de l’article L211-1 du Code des assurances. Cette obligation vaut même pour un usage occasionnel. Pourtant, 59 % des conducteurs d’EDPM impliqués dans un accident en 2024 n’étaient pas assurés, selon la Sécurité routière. Un chiffre qui illustre à quel point cette étape reste sous-estimée.
La responsabilité civile de votre multirisque habitation ne suffit pas : elle ne couvre pas les dommages causés par un véhicule terrestre à moteur. Un contrat dédié est indispensable. Les tarifs restent accessibles : à partir de 60 € par an en RC seule, jusqu’à environ 30 € par mois pour une formule complète incluant vol, dommages tous accidents et protection du conducteur. Ce dernier point mérite attention : la RC de base ne couvre pas vos propres blessures en cas de chute. Depuis le 1er avril 2024, la vignette verte n’est plus obligatoire, la preuve d’assurance étant désormais vérifiable via le Fichier des Véhicules Assurés. En cas de contrôle sans assurance, l’amende est de 500 €, ramenée à 400 € en cas de paiement rapide.
Des chiffres qui invitent à la prudence
La hausse de l’accidentologie reste préoccupante. En 2025, 79 usagers d’EDPM sont décédés selon le bilan de l’ONISR publié en mai 2026, contre 45 en 2024, et la mortalité a progressé de 57 % au deuxième trimestre 2025 par rapport à la même période de l’année précédente. Plus de 900 blessés graves ont été recensés sur les douze derniers mois. Ces données concernent l’ensemble des EDPM, mais les trottinettes tout terrain, plus rapides et utilisées sur des terrains moins prévisibles, ne font pas exception. Porter un casque reste la mesure la plus efficace, même là où il n’est pas encore obligatoire.
Se lancer dans la trottinette tout terrain, c’est donc aussi accepter de prendre le temps de vérifier son équipement de protection, les règles locales en vigueur et la couverture assurantielle adaptée à son usage réel.

