Bénéfices et utilisations du gui en décoration d’intérieur : nos conseils

En Europe, la cueillette du gui reste strictement réglementée dans certaines régions, malgré sa présence abondante sur de nombreux arbres. L’usage du gui comme plante médicinale remonte à l’Antiquité, alors que sa réputation d’amulette protectrice n’a jamais disparu, traversant les siècles et les cultures.

Aujourd’hui encore, cette plante continue de susciter l’intérêt, tant pour ses symboles que pour ses applications concrètes. Ses multiples facettes, entre traditions ancestrales, vertus supposées et pratiques contemporaines, invitent à redécouvrir un patrimoine végétal souvent méconnu.

Le gui : une plante mystérieuse au cœur de nos traditions

Le gui intrigue depuis l’Antiquité. Sous le nom de Viscum album, il cache une singularité : cette plante hémiparasite de la famille des Santalacées s’installe sur les branches d’arbres variés, pommiers, peupliers, chênes, aubépines, tilleuls, mais aussi sapins blancs ou pins sylvestres. Le gui puise l’eau et les minéraux de ses hôtes, tout en assurant sa propre photosynthèse grâce à ses feuilles persistantes, d’un vert pâle caractéristique.

Sa présence ne se limite pas à une zone précise. On le retrouve largement en Europe, en Asie, en Afrique du Nord, et parfois même en Amérique du Nord. Sa diffusion tient à l’action discrète de certains oiseaux, notamment la grive et la mésange. Ils consomment les baies blanches et disséminent les graines, qui germent directement sur l’écorce des arbres.

Autre curiosité : le gui est dioïque, ce qui signifie que chaque plant est soit mâle soit femelle. L’hiver venu, ses touffes feuillues et ses baies translucides se détachent sur les arbres dénudés. Ce spectacle inattendu nourrit les récits populaires et inspire la décoration d’intérieur. Accrocher du gui chez soi ne relève pas simplement de la superstition : c’est inviter un fragment de nature, chargé de symboles anciens et d’une esthétique singulière, à s’installer dans la maison.

Pourquoi le gui fascine-t-il depuis l’Antiquité ? Origines, légendes et symbolique

La réputation du gui ne doit rien au hasard. Depuis des temps immémoriaux, il s’impose comme un symbole puissant. Pour les druides celtes, la plante, suspendue entre ciel et terre, matérialisait le lien avec le monde invisible. Le rituel voulait qu’on la coupe à la faucille d’or, lors de la sixième nuit de la lune, puis qu’on veille à ce que la branche ne touche jamais le sol, sous peine de perdre ses pouvoirs. Pline l’Ancien, déjà, en faisait le récit.

Côté Romains, le gui portait les couleurs de la paix, de la prospérité et de la fertilité. Suspendu à l’entrée des habitations, il symbolisait la trêve. La coutume du « baiser sous le gui », installée au fil des siècles, représente un geste de réconciliation et de vœux partagés, notamment à Noël ou au Nouvel An. Accrocher une boule de gui dans la maison, c’est inviter la chance, la protection et l’amour entre ses murs.

La mythologie nordique n’est pas en reste : le gui, responsable malgré lui de la mort du dieu Balder, devient entre les mains de Frigg un emblème de renaissance et de pardon. Plus largement, de la Grèce antique à la Rome de Virgile, le gui se voit prêter des pouvoirs de passage entre les mondes, de médiation et de transformation.

Voici les principales valeurs qui traversent les usages et les époques :

  • Chance et prospérité pour certains,
  • paix et protection pour d’autres,
  • Le gui s’immisce dans la décoration et les rites, fort d’une symbolique unique.

Vertus médicinales et pouvoirs attribués au gui à travers les siècles

Le gui, ou Viscum album, captive par ses particularités biologiques autant que par ses usages en phytothérapie. Cette plante hémiparasite s’agrippe aux branches de pommiers, chênes ou tilleuls, captant une partie de leur sève. Depuis l’Antiquité, elle occupe une place de choix dans la médecine populaire.

Son intérêt ne se limite pas à la tradition : ses composés actifs (viscine, lectines, viscotoxines, flavonoïdes) attisent la curiosité des chercheurs. L’usage populaire du gui concerne des situations variées : hypertension, problèmes cardiovasculaires, épilepsie, hémorragies. En Europe centrale, on utilise parfois l’extrait de gui dans le cadre de traitements complémentaires en oncologie, mais toujours sur prescription et sous contrôle médical, notamment dans les pratiques issues de l’anthroposophie. Son impact sur le système immunitaire, étudié en Suisse ou en Allemagne, alimente encore de nombreux débats.

Attention toutefois : les baies blanches, toxiques pour l’être humain, servent de nourriture à certains oiseaux, qui assurent la dissémination de la plante. Pas question d’improviser : l’automédication avec le gui expose à des risques réels, troubles cardiaques, convulsions, interruptions de grossesse. Parfois, on associe le gui à l’aubépine, à la mélisse ou à l’olivier dans des préparations, mais toujours sous l’œil d’un spécialiste.

Le gui moderne se situe ainsi à la croisée de la tradition phytothérapeutique et de la recherche, oscillant entre réputation de remède et prudence liée à sa toxicité.

Arrangement de gui sur une table avec livres et bol en céramique

Idées et inspirations pour intégrer le gui dans votre décoration d’intérieur, notamment à Noël

Le gui occupe une place à part dans nos imaginaires. Sa forme, parfois austère, revient chaque hiver habiter nos maisons. Par tradition, suspendez une touffe de gui à la porte d’entrée ou juste au-dessus d’un passage. Ce geste, hérité des fêtes de Noël et du Nouvel An, ne se limite pas au folklore : il incarne la prospérité et la protection. Le baiser échangé sous le gui, loin d’être anecdotique, porte des vœux de paix et de renouveau.

Pour mettre en valeur cette plante, misez sur une disposition en hauteur : accrochez le gui à une poutre, une tringle ou sur une branche de bois flotté suspendue. La lumière naturelle fait ressortir l’éclat de ses feuilles persistantes et de ses baies nacrées, créant un contraste subtil avec le décor de l’hiver. Autre option : insérez quelques branches dans un vase haut, associées à du houx ou à du sapin, pour composer un centre de table épuré et graphique.

Il convient de rappeler quelques précautions avant de se lancer dans la décoration :

  • Suspension traditionnelle à la porte d’entrée
  • Composition florale avec houx et conifères
  • Guirlande végétale pour habiller un miroir ou une rampe d’escalier

Le gui doit rester hors d’atteinte des enfants et des animaux domestiques, car ses baies sont toxiques. Privilégiez les hauteurs et les surfaces inaccessibles.

Il s’intègre aussi dans des décors plus contemporains : suspension minimaliste, couronne épurée, bouquet monochrome dans un soliflore. Laissez la lumière traverser les feuilles et jouer avec les ombres : le gui sait, mieux que quiconque, transformer un coin de pièce en espace singulier dès que l’hiver s’installe.

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